Opération Lighthouse : 14 000 pistes contre les réseaux pédocriminels
Chainalysis, Binance et Coinbase s'unissent avec Europol pour traquer les réseaux pédocriminels financés en crypto dans 125 pays.

La blockchain au service de la justice
Chainalysis a orchestré une opération inédite baptisée Operation Lighthouse, en collaboration avec Binance, Coinbase, Block, Europol et les polices d'Australie, du Canada et du Royaume-Uni.
L'objectif : démanteler les réseaux qui commercialisent des contenus d'abus sexuels sur mineurs (CSAM) via des paiements en cryptomonnaies.
Des chiffres qui donnent l'ampleur de l'opération
L'opération, menée depuis les locaux du National Cyber-Forensics and Training Alliance à New York, a permis d'analyser :
- 29 000 adresses crypto passées au crible
- Plus de 100 forums clandestins examinés
- 14 000 pistes exploitables remises aux enquêteurs dans 125 pays
Ces réseaux utilisaient principalement le bitcoin, le monero et des stablecoins pour facturer l'accès à leurs contenus hébergés sur le dark web.
La traçabilité, talon d'Achille des criminels
Paradoxalement, le paiement en crypto représente le point faible de ces réseaux. Chaque transaction laisse une empreinte immuable sur la blockchain.
Ce n'est pas la première fois que cette méthode fait ses preuves. En 2019, l'affaire Welcome To Video avait démontré l'efficacité du traçage crypto : 337 interpellations et 23 mineurs sauvés grâce à l'analyse de paiements en bitcoin.
En 2024, une opération similaire ciblant des arnaques d'approval phishing avait déjà généré 7 000 pistes pour 162 millions de dollars de pertes identifiées.
Opération Lighthouse confirme que la transparence de la blockchain peut devenir un outil puissant entre les mains des enquêteurs.