Hack Coldcard : open source vs source-available, la différence fatale
Plus de 1 500 BTC perdus révèlent une confusion dangereuse sur ce que signifie vraiment l'open source dans Bitcoin.

100 millions de dollars perdus à cause d'une confusion de définition
Le hack du wallet Coldcard a coûté plus de 1 500 BTC, soit environ 100 millions de dollars, à ses utilisateurs. Au-delà de la perte financière, cet événement révèle un problème de fond : la communauté Bitcoin confond régulièrement deux concepts très différents.
Open Source ≠ Source-Available
Un logiciel open source au sens strict répond à des critères précis. La Free Software Foundation (FSF) définit quatre libertés fondamentales :
- Liberté 0 : utiliser le programme comme on le souhaite
- Liberté 1 : étudier et modifier son fonctionnement
- Liberté 2 : redistribuer des copies
- Liberté 3 : distribuer ses versions modifiées
Les termes FOSS (Free and Open Source Software) et FLOSS (Free/Libre and Open Source Software) désignent des logiciels qui respectent ces libertés. Le mot "free" signifie ici liberté, pas gratuité.
Un logiciel source-available permet simplement de lire le code. Mais il peut interdire toute modification ou redistribution. La transparence existe, mais les droits réels sont limités.
Pourquoi c'est critique pour Bitcoin
Les défenseurs de Bitcoin insistent depuis des années : l'infrastructure financière mondiale doit être construite en public. Transparence et auditabilité sont non négociables quand de l'argent réel est en jeu.
Pourtant, même des bitcoiners expérimentés ne maîtrisent pas ces distinctions. Voir du code ne suffit pas pour garantir un audit indépendant efficace ni une correction rapide des failles.
L'affaire Coldcard rappelle qu'en matière de self-custody, la nature juridique et technique d'un logiciel peut avoir des conséquences très concrètes sur la sécurité de vos fonds.