Chine : Pékin enquête sur DeepSeek et Moonshot AI
L'Administration du cyberespace de Chine enquête sur deux de ses champions de l'IA pour suspicion de transfert de données sensibles vers les États-Unis.

Pékin retourne ses enquêteurs contre ses propres géants de l'IA
Fin septembre 2026, la Chine ouvre une procédure inattendue. L'Administration du cyberespace de Chine (CAC), le principal régulateur internet du pays, lance une enquête visant deux de ses fleurons nationaux de l'intelligence artificielle : DeepSeek et Moonshot AI.
Pourquoi cette enquête ?
Tout part d'une accusation américaine. Le laboratoire Anthropic avait signalé que plusieurs entreprises chinoises pratiquaient la distillation illicite : entraîner leurs propres modèles d'IA en exploitant massivement les réponses de Claude, l'IA d'Anthropic. Des volumes d'échanges qualifiés de « vertigineux » avaient été relevés.
La CAC a d'abord convoqué les sept entreprises citées dans ce rapport. Elle a ensuite resserré son enquête sur DeepSeek et Moonshot spécifiquement. Des agents se sont déplacés dans leurs locaux pour interroger dirigeants et salariés.
La vraie question posée par Pékin
Le cœur du problème est géopolitique. Les enquêteurs cherchent à déterminer si des données sensibles — issues de la police, de l'armée ou d'administrations stratégiques — ont été transmises vers les États-Unis via les interactions avec ces modèles d'IA.
En clair : Pékin craint que ses propres outils d'IA aient pu involontairement exposer des informations confidentielles à des systèmes américains.
Aucune sanction pour l'instant
À ce stade, aucune mesure disciplinaire n'a été annoncée. L'enquête reste ouverte. Cette affaire illustre les tensions croissantes autour de la souveraineté des données dans la course mondiale à l'intelligence artificielle.